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Ma mère était d'abord, surtout et uniquement femme. Tellement peu mère qu'elle n'a cessé de se débarrasser de moi. Elle m'a déposée à mes 18 mois chez mes grand-mères pour le quotidien et chez mon père pendant les vacances. J'étais une sorte de paquet itinérant et surtout embarrassant. J'étais encombrante.

Je l'ai peu vue jusqu'à mes douze ans, et quand à cet âge là elle m'a " reprise " ça n'a pas fonctionné du tout.

Elle était cependant de bon conseil en ce qui concernait une vie de femme.

Une de mes relations dont le mari est très volage menace d'éventrer sans pitié celle qui émoustille ledit époux de ses charmes incendiaires. En clair : elle va aller voir cette s... et lui foutre la raclée du siècle !

Je devais avoir 13 ans quand une de des amie de ma mère fut hélas cocu(e)... La chose était courante à l'époque, ma mère et ma grand-mère ayant elle-même été les maîtresses d'hommes dûment mariés. Pas Louise mon arrière grand-mère qui fut fidèle mais née en 1872, ceci explique peut-être cela. Son mari en revanche...Bref.

Elle m'expliqua donc la chose suivante : 

Quand un mari trompe sa femme on ne saute pas sur la maîtresse pour la dézinguer.

En effet, le coupable c'est LUI. En effet, le mari est menteur ! Il peut avoir menti à la maîtresse genre " il n'y a plus rien entre ma femme et moi depuis longtemps... ". Elle appelait ça "  le coup de l'incompris ". Le mari se fait passer pour la pauvre victime d'une mégère accomplie, et paf ! il éveille chez sa proie le syndrôme de la mère poule ! Ou de l'infirmière, ou encore le la consolatrice ! Il promet de quitter sa femme ( quand les enfants seront grands, que la maison sera payée... ) raconte des fadaises aussi menteuses que lui et tout ça...

Et elle peut le croire la pauvre ! Et souvent elle y croit dur comme fer !

Et elle peut espérer 20 ans comme ça !

Le dézingage doit, par conséquent s'appliquer au mari. La rouste doit être pour LUI et pour LUI seul.

Non mais c'est vrai quoi...il n'a qu'à dire non le mari ! S'il dit oui, même s'il s'agit d'une tentatrice émérite, c'est LUI le fautif !

En cas de meilleure amie captatrice, alors le rouste est pour les deux.

Je n'ai jamais oublié cette leçon de vie de femme. Jamais....

Mais comment expliquer ça à une femme prête à éviscérer sa rivale ?